Colloque international organisé par l'ADEN PDF Imprimer Email

 

Colloque

La traite négrière transatlantique constitue l’une des plus grandes tragédies de l’histoire humaine de par son ampleur et sa durée.

 

Durant environ quatre siècles, des millions d’enfants, de femmes et d’hommes noirs africains ont été massacrés, arrachés à leur terre, déportés et vendus comme esclaves. Entreprise commerciale et économique, la traite négrière est l’illustration dramatique de la rencontre entre Histoire et géographie. Liant directement les trois continents africain, européen et américain du Nord et du Sud, Caraïbes comprises, elle a également eu d’importantes répercussions en Océan Indien et en Océanie. Facteur déterminant de l’économie au 18ème siècle, le commerce triangulaire constitua de ce fait une étape importante du développement du capitalisme à l’échelle mondiale.

La traite négrière fut légitimée par l’élaboration et la promotion de l’idéologie anti-noire et son organisation juridique, comme le «Code Noir» promulgué en France en 1685 et traitant les esclaves comme de simples marchandises. Les États et les Églises ont une lourde part de responsabilité dans la traite négrière et l’esclavage qui constituent des crimes contre l’humanité.

Dès le début, les esclaves ont résisté et se sont révoltés contre les conditions inhumaines qui leur étaient imposées et pour leur liberté. Comme l’écrivait le cubain Alejo Carpentier dans son livre Le Siècle des Lumières : «Si on faisait correspondre une étincelle à chaque révolte d’esclaves, c’est en permanence que le continent américain serait en train de clignoter pendant toute la durée de l’esclavage des Nègres». Les esclaves ont été rejoints dans leur combat par des progressistes des pays esclavagistes, parmi lesquels figurent des encyclopédistes. Aboli par les Conventionnels français en 1793, puis rétabli par Napoléon, l’esclavage ne fut définitivement mis hors la loi qu’à partir de la seconde moitié du 19ème siècle. Son abolition et celle de la traite sont le résultat de ces luttes et résistances.

La traite négrière transatlantique, commerce atroce d’hommes, de femmes et d’enfants, a ainsi contribué à transformer, profondément et durablement, le visage du monde. Ses graves conséquences politiques économiques, sociales et culturelles, marqueront à jamais l’histoire de l’humanité. Son empreinte, ses stigmates, ses traces demeurent toujours d’une vivante actualité.

C’est à partir de ce constat que l’Association de Descendants d’Esclaves Noirs et de leurs Amis (ADEN) organise à Dakar, Sénégal, du 15 au 18 novembre 2007, un colloque scientifique international sur le thème: «La traite négrière transatlantique: les causes, les conséquences, les enjeux».

Les participants au colloque, qui se tiendra sous le parrainage de nombreuses personnalités, analyseront les modalités et les causes de la traite négrière avec ses organisateurs, ses bénéficiaires, ainsi que les innombrables conséquences qu’elle a eues sur l’économie, les cultures et civilisations des pays concernés. Ils identifieront le plus clairement possible ses multiples prolongements, dont le racisme est l’un des plus ignobles. Ils dégageront des axes de réflexion et des propositions d’action, dans le prolongement de la loi française du 21 mai 2001 et de la Résolution adoptée à Durban en septembre 2001, qui déclarent l’esclavage et le commerce des esclaves crime contre l’humanité.

LE COLLOQUE DE DAKAR ENTEND AINSI CONTRIBUER :

- à faire connaître l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage dans ses multiples aspects,

- à aider les mouvements de réappropriation de l’histoire de la traite, et de sa mémoire, dans les pays soumis à l’esclavage et dans les pays autrefois «esclavagistes»,

- à universaliser la prise de conscience de cette tragédie qui concerne non seulement le passé, mais aussi le présent et l’avenir.

 

 

 
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