Les engagements
L’Assemblée Nationale a voté à l’unanimité la loi du 21 mai 2001 reconnaissant la traite négrière et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité.
L’association ADEN est née le 21 septembre 2001. Elle est composée de descendants d’esclaves noirs et de leurs amis, membres solidaires. Elle s’honore de bénéficier du soutien d’un comité d’honneur composé de hautes personnalités, tel que l’écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio.
Une barbare, cruelle et longue tragédie
A partir de 1444, le royaume de France, troisième puissance européenne, pratiqua pendant plus de trois siècles, par le biais de la traite négrière, le commerce triangulaire d’esclaves noirs.
Avec 11 millions d’hommes, de femmes et d’enfants concernés, ce fut la plus vaste entreprise de déportation, le plus grande tragédie de l’histoire humaine.
Partis de France, les bateaux des armateurs faisaient escale en Afrique. Avec l’implication de chefs noirs locaux, les trafiquants échangeaient armes, alcool et autres marchandises contre des esclaves noirs qu’ils embarquaient de force pour l’Amérique comme des troupeaux.
Là-bas, la vente des esclaves permettait aux négriers d’acheter d’autres marchandises, tels le sucre, le café, le coton, qu’ils vendaient ensuite au retour en France…France-Afrique-Amerique-France… le triangle était formé, réalisé,puis recommencé.
La traversée durait de trois à six semaine avec 600 esclaves par bateau. Nombreux souffraient de maladies.Il arrivait qu’ils se suicident en mangeant du sable ou en s’ouvrant les veines avec leurs chaînes. Malgré des filets de protection, certains parvenaient à se jeter à la mer.
Les navires négriers français organisèrent 4220 expéditions. La première partit de La Rochelle en 1643. Le bateau s’appelait « L’Espérance ». Après le Gabon, il rejoignit le Brésil puis ce fut le retour à La Rochelle.
Moteur de l’économie, ce commerce permit l’édification, en France, d’immenses fortunes. De plus, l’Etat versait aux négriers une prime par tête d’esclave. Le traite négrière assura le développement d’un capitalisme mercantile et l’extension de l’accumulation capitaliste.
Les bénéfices variaient de 100 à 200%. A Bordeaux et à Nantes, de somptueux hôtels particuliers en gardent la trace, ainsi que certains domaines viticoles. Commençait ainsi la mondialisation capitaliste sauvage.
Lorsque la traite négrière entrava le développement industriel, lorsque l’esclavage freina le développement technique dans les colonies de plantation et lorsque se multiplièrent les révoltes d’esclaves, ce fut le temps de la colonisation avec l’occupation militaire.
Ainsi, 153 ans après l’abolition de l’esclavage, La République reconnaît la traite négrière et l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. ADEN ne peut que s’en réjouir et agit pour la mise en œuvre pleine et entière de la loi de 2001.
Cependant, dans ce texte, l’Assemblée nationale refuse de nommer les coupables et ignore la question de la réparation des préjudices causés. En fait, cette attitude maintient un fossé, établit une rupture entre les victimes et les bénéficiaires de cet odieux trafic.
N’oublions jamais que le traite négrière et l’esclavage avaient un fondement idéologique raciste qui tentait de justifier l’infériorité de l’homme noir par rapport à l’homme blanc.
C’est pourquoi Aden réfléchit et agit pour faire valoir le droit dans trois directions.
1° Mémoire : droit et devoir
Sait-on qu’aucun manuel scolaire n’évoque ce que fut le « Code Noir », sytème juridique de 60 articles qui établit les droits du maître et les devoirs de l’esclave.On peut dire que ce passé de l’histoire de France est ignoré, caché, effacé, quand il n’est pas falsifié.
Aussi a-t-on l’habitude de dire que les citoyens conscients ont un devoir de «mémoire envers les victimes pour que la nation assume réellement son histoire. C’est indispensable à condition de ne pas s’en tenir à une commémoration formelle de l’abolition de l’esclavage, affichant la « grandeur et la vertu » de l’Etat français.
Cela dit, les citoyens survivants de la traite négrière et de l’esclavage, dont les racines sont l’Afrique, entendent exalter le souvenir de leur ancêtres pour affirmer leur identité.Ainsi exercent-ils, eux, un droit à la mémoire.
Refusant, au nom du métissage génétique, de mélanger les esclaves et les esclavagistes, les descendants d’esclaves noirs se construisent une véritable identité pour mieux s’intégrer dans la société et prendre en mains leur avenir.En définitive, se conjuguent le droit et le devoir de mémoire dans une action commune et persévérante.
Ainsi l’article 4 de la loi 2001 annonçait, dans un délai de 6 mois, l’ « Instauration d’un comité de personnalités qualifiées parmis lesquelles des représentants d’associations défendant la mémoire des esclaves, comité chargé de proposer des lieux et des actions qui garantissent la pérennité de la mémoire de ce crime à travers les générations ».
Après des démarches répétées auprès des pouvoir publics le décret d’application n°2004-11 du 5 janvier 2004 a enfin institué le "comité pour la mémoire de l'esclavage". ADEN s’en félicite.Parmi les personnalités choisies dans le monde associatif notre regrette président Serge HERMINE avait été nommé pour 5 ans .
ADEN a adressé au Comité une série de propositions et entend participer activement à son fonctionnement.
D’une façon générale, ADEN entend concourir, par divers moyens, à la connaissance de l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage : par exemple, faire connaître le « CODE NOIR » généralement ignoré de nos concitoyens. Sait-on que pendant les études des futurs avocats l’enseignement ne dit mot de l’existence de ce terrible système juridique ?
ADEN a demandé que les manuels scolaires édités par Hachette, Nathan, Bordas, Hatier…accordent, selon l’article 2 de la loi du 21 mai 2001, à la traite négrière et à l’esclavage, la part conséquente qu’ils méritent.
ADEN a aussi agi pour que le ministère de l’éducation nationale, toujours en application de la loi de mai 2001, intègre réellement dans les programmes scolaires ce que furent la traite négrière et l’esclavage. ADEN propose, dans les écoles, l’organisation de rencontres avec des descendants des victimes de la traite et l’édition, par le Ministère, d’un CD ROM pour les classes d’histoire.
Plus généralement, ADEN engagera, avec d’autres partenaires, des recherches montrant les causes, les modalités et les conséquences de ce monstrueux trafic de chair humaine, trafic qui arracha à leurs villages africains des dizaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Les recherches porteront aussi bien sur les archives écrites que sur la tradition orale.
En janvier 2005, aux côtés d’autres associations, ADEN s’est efforcée d’entraver la vente aux enchères à Lyon de documents d’anciens armateurs négriers. Opposée quant à elle à l’utilisation du droit de préemption par l’Etat (ce qui revient à indemniser les descendants des négriers), ADEN soutient une plainte déposée contre X et propose que toutes les archives soient restituées et rassemblées dans un « Espace-Musée » d’Etat situé à Paris et consacré à l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage.
A propos de la célébration annuelle de l’abolition de l’esclavage, ADEN propose la date du 29 août. En général, les historiens mentionnent l’existence de deux abolitions. Mais n’y en a-t-il pas trois ?
Alors que Toussaint-Louverture avait pris la tête d’une révolte d’esclaves en 1791, la première abolition fut décidée par Léger Félicité Sonthonax à St Domingue le 29 aout 1793, six mois avant la Convention. En 1802 Napoléon rétablit l’esclavage .Cela aboutit à sa première défaite en 1803 à Saint-Domingue qui devient alors Haïti, ce fut en 1848, la troisième et définitive abolition avec Victor Schoelcher le 27 avril 1848. Alors, pourquoi ne pas célébrer la première abolition chaque 29 août ?
En outre, ADEN propose la construction de monuments commémoratifs, en premier lieu dans les anciens ports négriers tels Nantes, La Rochelle, Bordeaux, La Havre…ADEN soutient l’association « les anneaux de la mémoire » qui demande l’érection à Nantes du Musée national de l’esclavage.
Pour Paris, ADEN propose qu’à la place du monument de la « mission Marchand » à la gloire de la politique coloniale, situé devant l’ancien MAAO,porte Dorée, soit érigé un mémorial à la mémoire des victimes de la traite négrière et de l’esclavage.
ADEN souhaite aussi que des villes donnent des noms d’avenues ou de places à la mémoire de cette triste période. A Paris, par exemple aucune avenue ou place ne porte les noms de Toussaint-Louverture ou de Sonthonax.
ADEN, enfin, souhaite plein succès à l’initiative du château de Joux, près de Pontarlier,qui a imaginé et institué le circuit nommé « Par les chemins de l’abolition » reliant Emberménil ( maison de l’abbé Grégoire), Fessenheim( maison de Schoelcher), Champagney (Maison de la négritude) jusqu’au Fort de Joux où mourut Toussaint-Louverture. ADEN demande qu’à ce circuit s’ajoute le nom d’Oyonnax, patrie de Léger Félicité Sonthonax.
2° Droit à la justice
La dignité de l’homme exige la justice. Aussi les descendants des victimes de la traite négrière et de l’esclavage demandent impérativement que soient nommés les responsables de ces déportations massives de l’Afrique vers l’Amérique.
Rappelons d’abord qu’avant l’arrivée des déportés africains, les pays européens, pour procurer des terres aux nouveaux colons, ont organisés le génocide de millions de natifs américains de l’an 1492 à la fin du XVI° siècle. C’est pourquoi les esclavagistes leur substituèrent des esclaves noirs déportés d’Afrique.
Alors que sévissait déjà la traite transsaharienne, c’est à partir de 1503 que commença la grande déportation. Morts au cours des razzias an Afrique, morts au court de la traversée atlantique, morts sur les plantations des colons américains…c’était cela la traite négrière européenne, occidentale.
Alors que le loi de mai 2001 n’en fait pas mention, peut-on poser la question du droit à réparation en faveur des peuples qui ont subi cette oppression du fait de pays qui se trouve aujourd’hui dans l’Union européenne ?
Pour ne pas en rester à la repentance, des raisons peuvent être avancées :
D’abord, à cette époque, des générations de fils et de filles ont été déportées provoquant une saignée démographique qui contribua à mettre en cause le développement de leur pays. On estime à cent millions le déficit des naissances subi par l’Afrique. L’économie et la société ont été bouleversées par le commerce négrier des marchands européens. Elles en paient encore aujourd’hui les conséquences.
Ensuite, parce que , lors de l’abolition de l’esclavage à des dates différentes selon les pays, ce sont les maîtres d’esclaves qui ont été indemnisés par l’Etat alors que les esclaves, devenus libres, n’ont reçu aucune réparation, pas même de la terre.
A l’heure actuelle, en Martinique, des descendants des maîtres d’esclaves possèdent 80% des terres de l’île. Pour être reconnu comme Etat Nation libre,Charles X fit payer au peuple haïtien, de 1825 à 1883, la somme de 150 millions de francs or. Dans une lettre au Premier Ministre, madame Taubira-Delannon, députée, demandait l’an dernier que la France restitue à Haïti ce tribut versé, imposé. Combien elle avait raison !
Le crime est imprescriptible. C’est l’Etat qui est concerné, c’est lui qui doit réparer mais il refuse. La projet de loi de Mme Taubira-Delannon comportait à l’origine un article 5 qui indiquait : « Il est institué un comité de personnalités chargé de déterminer le préjudice causé et d’examiner les conditions de réparations dû au titre de ce crime. »
Refusé en commission des lois, ce texte qui n’a même pas été présenté aux députés, est tombé dans la poubelle de l’histoire. Est-ce étonnant que certaines associations demandent par exemple que l’on restitue aux Africains les objets d’arts volés qui se trouvent aujourd’hui dans les musées occidentaux ? A l’Etat de répondre car c’est lui qui est impliqué.
Si la question de réparation ne peut être ignorée, précisons qu’ADEN écarte délibérément la revendication d’indemnisations individuelles. Par contre elle souhaite que s’établissent des rapports d’une qualité nouvelle entre la France et les pays qui ont été victimes de la traite négrière et de l’esclavage.
Contrairement à la pratique actuelle, ADEN demande avec force l’annulation de la dette de ces pays sans diminuer d’autant l’aide publique. Le gouvernement devrait, d’une part mettre au point un projet de coopération qui lui est du seul ressort de l’aide publique et, d’autre part, décider l’annulation de la dette comme une mesure sociale.
Cela permettrait à ces pays un développement non imposé, maîtrisé, conforme aux intérêts présents et futurs de leurs habitants. La réduction des dépenses militaires ainsi qu’une taxation des transactions financières faciliteraient grandement une telle politique.
Sait-on qu’entre 1980 et 2000 les pays en développement ont remboursé plus de 4 fois le montant dû aux créanciers ! Oui, il faut mettre fin au pillage des ressources du sol et du sous-sol des pays ex-coloniaux. Il faut mettre fin aux rapports paternalistes et néocolonialistes qui persistent.
Des responsabilités ? Le « code noir » de 1685 n’était qu’une opération de destruction de l’homme et de son identité. L’esclave n’est pas un humain ; il est un bien « meuble » (article 44), une marchandise appartenant au propriétaire. Les enfants nés de mariages entre esclaves (article 12) appartiennent au maître de la femme esclave ! Les esclaves ne peuvent rien posséder qui ne soit à leur maître (article 28). Frapper un maître est puni de la peine de mort (article 33).
D’après les négriers et leurs soutiens, la traite est un « service rendu » aux Noirs parce qu’après la « servitude barbare » ils bénéficiaient d’une « servitude humaine ».
Ajoutons que l’Eglise catholique s’impliquait directement dans le trafic de la traite lors de chaque expédition, un aumônier montait à bord du navire pour « sauver l’âme par le baptême ». L’article 2 du « code »imposait : « Tous les esclaves seront baptisés et instruit dans la religion catholique, apostolique et romaine. » alors que les Africains pratiquaient des religions animistes. Les registres des traites commençaient par : « Au nom de Dieu ».
A Gorée, en février 1992, le pape Jean –Paul II s’est contenté « d’implorer le pardon du ciel » écartant délibérément toute responsabilité de l’Eglise catholique.
Et puis il faut citer aussi les ambiguïtés du XVIII°siècle, le « Siècle des lumières », au moment où la traite négrière est intense. Saluons d’abord la commune de Champagney qui fut la seule, en France, à demander, dans son « cahier de doléances », en 1789, l’abolition de l’esclavage. Des philosophes antiesclavagistes tels Montesquieu, Voltaire s’opposaient à l’esclavage mais ne condamnaient pas la traite négrière. Voltaire avait même des intérêts dans un navire négrier. Ce sont les encyclopédistes avec Diderot, Condorcet…qui vont condamner à la fois la traite et l’esclavage. Précisons aussi que la Convention en 1794, six ans après 1789, abolit l’esclavage mais ne dit mot de la traite. Apres le rétablissement de l’esclavage par Napoléon, surgirent de nouvelles révoltes d’esclaves et ce fut le décret Schoelcher en 1848.
Tandis que se poursuivait la traite clandestine, à partir de 1852, avec l’émigration indienne, apparut le trafic des coolies, des « engagés », commerce lui aussi très lucratif.
3° Droit à la dignité
Pour des ancêtres venus d’Afrique, avoir survécu aux razzias, avoir échappé à la mort lors de la traversée, avoir résisté et s’être libéré de l’esclavage, puis recommencer une vie nouvelle constitue une aventure qui les honore. Mais subsistait l’humiliation.
L’humiliation est un sentiment qui a accompagné et accompagne encore aujourd’hui l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage, un sentiment multiforme qui abaisse l’homme, le diminue.
D’abord humiliation par les violence des déportations d’hommes, de femmes et d’enfants devenus esclaves sur des plantations de propriétaires inconnus, bien souvent méprisant et cruels.
Humiliation idéologique en imposant aux esclaves la seule religion catholique alors qu’auparavant, dans leurs villages, ils honoraient plusieurs dieux.
Humiliation dans les mots par les noms saugrenus donnés aux esclaves, noms de fleurs, d’animaux, noms formés d’épithètes blessante et dédaigneuses.
Humiliation jusque sous terre lorsque certains espaces, à l’écart des cimetières réservés aux blancs, étaient attribués aux esclaves noirs.
Humiliation aujourd’hui par les non-dits, par le silence.
Humiliation toujours et aujourd’hui par les discriminations racistes.
Face à cela, deux comportement sont possibles : ou l’on en reste à l’émotion, à la honte parfois et l’on cherche à l’oublier, ou l’on ressent une blessure injustifiée, on veut connaître les causes et on agit.
C’est pourquoi ADEN entend :
• Manifester une solidarité multiforme non seulement aux habitants des DOM-TOM mais aussi à toutes les personnes habitant des territoires ayant connu la traite négrière et l’esclavage sous la domination des Etats européens de l’époque.
• Faire connaître que de nouveaux négriers, en Afrique et en bien d’autres pays, organisent un vaste marché de chair humaine.
• Soutenir les forces sociales, attachées aux valeurs humaines fondamentales, qui refusent et combattent l’esclavage contemporain.
• Appuyer plus généralement toute initiative tendant à la défense des droits de la personne, enfants, femmes, hommes dans quelque pays que ce soit.
• Etudier et faire connaître comment, résultant de la traite, les cultures africaines expriment en même temps la souffrance d’arrachement à l’Afrique et la résistance à l’oppression esclavagiste.
Oui, il faut en finir avec l’humiliation infligée à ces femmes et à ces hommes.
Chez les survivants d’esclaves noirs, la volonté d’oubli est parfois encore forte. Par la couleur de leur peau, ils souffrent encore de la soi-disant « infériorité raciale ». Certains sont tellement « mal dans leur peau » qu’ils regrettent de n’être pas blancs et souhaitent qu’on tourne la page.
En vérité, les comptes du crime n’ont pas encore été épurés. L’inégalité des chances entraîne complexes et frustrations. La violence contre les personnes d’origine africaine, les actes humiliants et blessants sont rarement sanctionnés.
Mais, en même temps, il y a un chemin pour la dignité, chemin tracé par les ancêtres. En effet le maître d’esclaves blanc ne maîtrisait, ni la pensée, ni la révolte intérieure de l’esclave.
En pratiquant le marronnage, c'est-à-dire la fuite dans les forêts ou les montagnes, les esclaves s’exposaient à une terrible répression. Repris par le maître blanc, ils pouvaient être écartelés, immolés, avoir les oreilles et un jarret coupés (code noir). Mais préférant une vie dangereuse à la soumission, les ancêtres voulaient vivre libres et dignes. Puis le marronnage trop limité fit place à de multiples révoltes d’esclaves. L’apogée fut Haïti où fut instaurée en 1791 la première République noire indépendante, la seule révolte victorieuse.
Malgré un génocide culturel de plusieurs siècles, l’esclavage n’a pu anéantir les traditions, la culture, les chants, les danses, la musique qui donnera le jazz.
C’est pourquoi les descendants des victimes de la traite négrière ont fiers de leurs ancêtres qui ont survécu à la tragédie. Ils sont fiers d’être aujourd’hui filles et fils d’esclaves noirs. N’est-ce pas là leur véritable identité ?
Soutenir ces filles et ces fils pour qu’ils parviennent à dépasser l’humiliation et à gagner une pleine dignité, voilà une des nobles missions que se fixe l’association ADEN. Pour y parvenir, nous comptons sur l’appui actif des femmes et des hommes innombrables qui défendent les droits de l’Homme et combattent le racisme.
L’association apprécie hautement les efforts de nombreuses collectivités territoriales, régions, communes et départements, qui mettent en œuvre solidarité et coopération avec d’anciens pays colonisés dans les domaines les plus divers : écoles, eau et énergie, logements, enseignement, santé… Il s’agit là d’expériences d’un type nouveau qui méritent une grande attention et un soutien actif des habitants.
Pour mieux agir sur l’avenir, le présent a besoin du passé.